Je me suis levé dimanche matin à 6h15 à St-Jean-Chrysostome (capitale nationale du chocolat) avec les jambes encore endolories…
Pas d’appétit. Faut dire que j’avais mangé un excellent burger français (camenbert et compote de pommes), une grosse poutine (frites cuites dans l’huile d’arachide) et une bonne pinte de bière pour souper la veille!
J’ai donc mangé sans conviction un muffin aux carottes et avalé un jus d’orange. Dehors il fait froid, il pleut légèrement et on voit encore un peu de neige sur le terrain. Courage Trotteur!
Grâce à ma marraine (j’aurais aussi pu dire ma matante chocolat), je suis arrivé en avance pour le départ de la course.
170 personnes ont pris le départ de 8h pour le 30 km. Par la suite, à 8h20, avait lieu le départ pour le demi-marathon (21 km). J’ai profité du temps que j’avais devant moi pour bien m’étirer. La course de vendredi se faisait toujours sentir au niveau des cuisses. Je me suis donc pris une dose de PDO (Pattes D’Ours).
J’étais content d’avoir opté pour mon chandail de course d’hiver ; il est imperméable, mais respire très bien. J’avais aussi mis ma tuque de course et des gants magiques à 1$.
Nous étions 363 coureurs à prendre le départ de 8h20. Voici le parcours :
Je sentais tout le long de la course une raideur aux jambes, mais ce n’était jamais douloureux. Après environ 6-7 km, les meneurs du 30 km me dépassaient déjà! Avec seulement 20 minutes d’avance, ils avaient donc 9 km de plus que moi! Mon rythme était d’environ 3,5 km par tranche de 20 minutes, donc pour prendre une avance de 9 km en si peu de temps, faut courir vite! En fait, leur vitesse est près du double de la mienne.
Le reste de la course s’est bien déroulé et les kilomètres s’enchaînaient les uns à la suite des autres, au rythme d’environ 1 km aux 5-6 minutes. Compte tenu de ma course particulière de vendredi, mais aussi parce que c’était mon premier demi-marathon officiel à vie, je n’avais aucun objectif de temps.
Par contre, après environ 1h20, j’ai réalisé qu’au rythme où je courrais, je terminerais avec un chrono d’environ 2h. J’ai donc accéléré très légèrement pour m’assurer de terminer avec environ 1 minute sous les 2 heures.
Durant les derniers kilomètres, la bruine qui tombait depuis le début s’est transformée en légère pluie. Tout ça ne m’a pas dérangé puisque durant toute la course, je n’ai eu ni chaud, ni froid. Le principal inconvénient avec la température fut la visibilité réduite de l’horizon. Ainsi, je n’ai pas apprécié à sa juste mesure la vue de l’île d’orléan et du château Frontenac.
Malgré la tension dans mes jambes tout le long de la course, le fait d’avoir couru à une vitesse en dessous de mes capacités m’a permis d’avoir un surplus d’énergie vers la fin… Allais-je tenter mon FAMEUX sprint de malade à la toute fin????
OUI! Ce fut plus fort que moi. Avec la vue de la ligne d’arrivée à quelques centaines de mètres devant moi, mes jambes ont littéralement explosées pour un SPRINT DE MALADE! Ça a vraiment été fou! J’ai dépassé comme une fusée les coureurs qui étaient au loin devant moi quelques secondes plus tôt.
J’ai entendu l’annonceur maison décrire mon sprint sans trop porter attention à ce qu’il disait. C’est difficile de saisir tous les mots lorsque l’on se déplace à une vitesse supérieure à celle du son! D’après moi il a du dire quelque chose du genre : “Oh! Nous avons ici le 69 qui fait un SPRINT DE MALADE! Quel imbécile! Le voici qui dépasse à une vitesse folle les autres compétiteurs. Tout ça ne lui servira à rien puisque de toute façon, plus d’une centaine de coureurs ont terminé l’épreuve avant lui.”
Voici le photo-finish de mon arrivée :
Malgré l’inutilité d’un tel sprint, c’est tout de même toute une façon de terminer une course! À défaut de terminer dans les premiers, je peux me dire que je suis certainement parmis les plus rapides sur le dernier 100m. Et le défi là-dedans est de ne pas lâcher jusqu’à la toute fin. Accélérer, accélérer puis accélérer. Les dernières enjambées, ça demande un effort et une détermination d’acier pour simplement conserver cette vitesse folle sans ralentir. Tout ça après 21 km de course!
Sprint de malade vient du greg Sprintus de maladus, ce qui signifie en français Sprint de malade. Et dans le mot malade, il y a MALADE… et ce n’est pas pour rien! L’an dernier, lors de la descente royale, mon sprint de malade m’a valu quelques “joyeuses” séances de vômissements après la course…
Cette année, pour mon deuxième Sprint de malade à vie, ça n’augurait guère mieux! En effet, à peine la ligne d’arrivée franchie, lorsque j’ai actionné mon frein d’urgence (petits parachutes dans mon dos), je me suis senti… bizarre.
J’ai continué de marcher puisque c’est ce qu’il y a de mieux à faire après une longue course (j’ai appris ça au marathon de New-York).
Mon dossard et ma médaille me donnaient droit à un brunch pour les coureurs. J’ai donc fait la file jusqu’à ce que je me rende compte que je serais incapable d’avaler ces crèpes, jambons, oeufs et toasts. La simple vue de nourriture me levait le coeur. Je n’ai d’ailleurs jamais compris les gens qui sont capables de manger après avoir couru… moi le fait de courir me coupe toujours l’appétit pour quelques heures.
Je suis donc ressorti avec seulement une banane et un petit morceau de fromage que je n’ai même pas été capable de finir.
Assis dans le camion de ma tante sur le chemin de retour, je me répétais sans cesse la même chose en tête : “Je ne vais pas vômir, je ne vais pas vômir!” Juste penser à de la nourriture me levait le coeur. Puis, après quelques minutes, j’ai commencé à mieux me sentir.
Quelques heures plus tard j’étais complètement guéri et je mangeais une délicieuse mini poutine Ashton avec ma blonde (ma 2e Ashton en 4 jours et 3e poutine en 4 jours!). HUMMMMM!!!! Sans farce, Ashton est vraiment la meilleure poutine au sud du pôle nord!

p.s. J’ai terminé en 1h58 et 2 secondes.
C’est le montréalais Baghdad Rachem qui fut le plus rapide sur la distance demi-marathon avec un temps de 1h06 et 57 secondes. Il revient d’un entrainement de 2 mois en altitude au Maroc. Il sera tout comme moi au marathon d’Ottawa dans 3 semaines où il espère terminer sous la barre des 2h15! Un tel résultat pourrait lui permettre d’obtenir une place pour les olympiques. Bonne chance Baghdad!
Publié dans Course à pied, Histoires de course


